Laisser au placard notre peur

Un obstacle à l’écoute active est notre propre peur. Pendant un bon moment, les scientifiques ont eu des difficultés à comprendre pourquoi nous évitons les contacts et les conversations en face à face.
En tant qu’espèce sociale, les conversations sont bénéfiques pour nous. Une socialisation régulière peut augmenter notre durée de vie, renforcer le système immunitaire et éviter la dépression ou les maladies du cœur. Alors pourquoi les gens regardent-ils leur téléphone dans le métro et évitent-ils le contact visuel avec les autres ?

Quand les chercheurs ont forcé les gens à commencer des conversations avec des étrangers dans le train, dans des salles d’attente ou dans un café, les participants ont fini par y prendre goût. Ils ont aussi rapporté qu’ils n’étaient pas moins productifs que s’ils étaient restés dans leur coin. Pourtant, quand il leur a été demandé si, dans le futur, ils commenceraient des conversations comme ils viennent de le faire, la plupart ont répondu « Non ». Pourquoi ?

Une étude récente a montré que la plupart du temps, nous souhaitons tellement placer la bonne phrase ou avoir l’air intelligent que nous ne remarquons même pas que l’autre personne aime notre compagnie. C’est ce que l’on appelle le ‘’Liking gap’’ ce qui signifie qu’on sous-estime souvent comment les autres nous apprécient. Nous sommes coincés dans notre propre tête, nous avons peur de dire la mauvaise phrase.
Lorsque nous nous focalisons sur ce que nous disons et comment nous le disons, nous n’avons pas le temps d’écouter ce que raconte notre interlocuteur. Et malheureusement, c’est aussi ce qui nous bloque pour engager des conversations : notre peur de dire quelque chose de faux ou d’être jugé(e) négativement par l’autre personne.

Ce qui signifie que la première étape pour bien écouter et profiter d’une bonne conversation est de laisser au placard notre peur.
Sois sûr que la majorité des conversations que tu as, qu’elles soient avec un être cher ou un contact professionnel, te mettra de bonne humeur, fera travailler ton esprit et améliorera ta santé.

Trouver le bon équilibre

La prochaine étape est de laisser l’autre personne parler autant que tu le fais. Rappelle-toi que tu ne peux pas contrôler le comportement de ton interlocuteur. Ce qui signifie que tu ne peux pas l’empêcher de parler trop, de t’interrompre, ou de parler de sujets sans importance. Donc, il est préférable de ne pas utiliser ton énergie mentale en t’inquiétant de son style conversationnel et plutôt te concentrer sur ce que tu peux contrôler – ton propre style.

Fais attention à bien laisser l’opportunité à l’autre personne de te répondre. Les meilleures conversations ressemblent à un match amical de catch : Il y a un équilibre parfait entre jeter et attraper.

Attention les durées d’attention ont été réduites ces 20 dernières années. Si tu parles pendant plus de 30 secondes à la suite, tu auras certainement déjà perdu l’attention de ton interlocuteur.

‘’La plupart d’entre nous n’écoutent pas avec l’intention de comprendre. Nous écoutons avec l’intention de répondre.’’ Stephen Covey

Parler d’une seule chose à la fois

Aide ton interlocuteur à rester impliqué et concentré en restant bref. Le meilleur moyen de le faire, c’est de parler d’une seule chose à chaque fois. La plupart d’entre nous avons cette habitude de raconter tout sur un sujet que nous connaissons ou raconter trop d’histoires.

Si quelqu’un te demande ce que tu as fait ce weekend, ne commence pas à raconter tout ce qui s’est passé à partir de vendredi après-midi. A la place, donne des informations qui lui permettent de te répondre. Tu peux te concentrer sur un aspect du weekend : ‘’Samedi, nous sommes allés faire du Kayak. Nous sommes restés sur l’eau environ 4h et c’était super sympa. Nous étions 4 et avions chacun notre Kayak. Julien a oublié de mettre de la crème solaire et est revenu tout rouge. Mais c’était une super journée.’’ Cette histoire prend à peu près 20 secondes à raconter et si tu t’arrêtes ici, il y a de grandes chances que ton interlocuteur rebondisse et te pose des questions.

Imagine les conversations comme un match de tennis dans lequel tu es constamment en train de renvoyer la balle de l’autre côté. Souviens toi que tu sais déjà tout ce que tu vas raconter et, si tu veux apprendre quelque chose de nouveau, il va falloir écouter.

Bonne prochaine conversation.

Pour lire ou relire le premier article sur les conversations, c’est par ici.

Nb : Il s’agit de la seconde partie d’un article écrit par Celeste Headlee, journaliste américaine, conférencière et auteur de ‘’We need to talk, pour le magazine Toastmasters.

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